De la formation à l’animation : l’accompagnement SOFIS vu par une stagiaire.

Publié le 13 avril 2026

Stagiaire SOFIS en formation de formateur bénéficiant d'un accompagnement personnalisé.

Devenir formateur ne s’arrête pas à l’obtention d’une certification. C’est un métier qui demande de l’assurance, de la méthode et, parfois, un petit coup de pouce pour se lancer sereinement. Morgane a suivi notre formation de formateur SST et a bénéficié de notre dispositif d’accompagnement post-formation. Elle revient sur cette expérience dans le témoignage ci-dessous.


Pouvez-vous vous présenter et nous en dire plus sur votre expérience en matière de formation en santé et sécurité au travail ?


Je suis Agent d’accueil et de vente à la Sellor, entreprise qui exploite et développe des équipements touristiques sur Lorient agglomération. Je contribue à la vente et à la promotion des offres touristiques de Lorient la Base.

J’ai passé ma formation initiale SST en 2020, à la suite de quoi je me suis engagée en tant que pompier volontaire quelques mois après, au Centre d’incendie et de secours de ma commune, Ploemeur, en parallèle de mon travail.

Mon expérience de plusieurs années en tant que secouriste m’a amené à penser que de se former aux 1er gestes de secours était quelque part un devoir de citoyen et que j’aimerais pouvoir contribuer à cette chaîne de solidarité et notamment en devenant formatrice SST.

Avant l’accompagnement je me sentais légèrement anxieuse à l’idée d’animer seule une ou plusieurs séquences. Je craignais de manquer d’expérience pour maîtriser suffisamment le sujet et savoir répondre aux questions des participants avec discernement tout en étant dans une juste posture de formatrice. Cependant, j’avais bien conscience que c’était une belle opportunité qui m’était proposée et qu’il fallait me lancer.

Pouvez-vous décrire le dispositif d’accompagnement post-formation proposé après la formation de formateur ?


Dans le concret, l’accompagnement post-formation a consisté dans un premier temps à prendre contact avec le formateur lors d’un échange téléphonique et à déterminer ensemble les séquences sur lesquelles je pourrai intervenir. A la suite de quoi, j’ai préparé avec plus d’attention les séquences identifiées ensemble (mise à jour de mon diaporama, révision des gestes de secours et des conduites à tenir…).

Nous avions convenu de nous recontacter au préalable de la formation si nécessaire et d’ajuster mon temps d’animation lors de la formation en fonction de comment je me sentais ou du déroulement chronologique de la formation.

J’ai beaucoup apprécié le principe de co-animation en situation de formation réelle, cela permet d’avoir un regard, du recul sur la manière dont l’autre formateur amène les sujets, gère la cohésion de groupe, se positionne au sein du groupe. Cela génère aussi des temps de répits, qui, je pense, permettent de se remobiliser correctement quand on reprend la main. De plus, les expériences individuelles de chaque formateur viennent enrichir le contenu de la formation.

Quand on suit une formation de formateur, on pourrait avoir tendance à penser qu’une fois la certification/ le diplôme obtenu, ça y est on est formateur/formatrice. Et pourtant, je pense que non, on a les éléments pour le devenir mais ce qui fait le formateur c’est bien selon moi l’expérience. Cet accompagnement post-formation est un tremplin qui permet de se lancer.

Comment s’est déroulée concrètement la co-animation de la formation de Sauveteurs Secouristes du Travail ?


Cette expérience de co-animation s’est vraiment bien déroulée. En début de formation, nous avons revu ensemble, avec le formateur, les moments où j’interviendrai. Le groupe avait été au préalable prévenu que ce serait une formation en co-animation.

Au moment de mon 1er passage, le formateur m’a laissé la main et est resté en retrait en tant qu’observateur, en étant intégré dans le groupe.

Après une pause à la suite de ma 1ère intervention, nous avons fait un rapide débrief, où il m’a demandé comment je me sentais et si je souhaitais continuer. A la suite de quoi, j’ai continué sur plusieurs autres séquences.

Lors de notre debrief le formateur m’a rassurée sur la posture que je prenais en tant que formatrice, il est revenu également sur un aspect plus pédagogique avec un conseil sur la manière de faire.

D’autre part, je l’avais invité à intervenir pendant mon passage s’il avait des précisions techniques à apporter, de sorte à ce que les participants aient un contenu le plus précis possible, ce qu’il a fait et qui n’a aucunement gêné mon intervention (cela m’a également permis de consolider mes connaissances).

Par exemple, lors de la réalisation des gestes de la PLS, il m’a conseillé de faire un peu différemment dans la gestion du groupe. Plutôt que de faire s’entraîner le groupe par binôme, les faire plutôt passer un à un en démonstration en temps réel devant le groupe, ce qui permet aux autres d’apprendre par effet miroir ou de repérer les gestes à ne pas faire et de mon côté, d’avoir un regard sur le passage de chacun et les gestes qu’ils effectuent.

Quels bénéfices concrets retirez-vous de cet accompagnement dans votre pratique de formatrice SST ?


Je ne pense pas cependant que cette co-animation ai fondamentalement changé ma façon d’animer, cette expérience aura surtout permis de me conforter dans mes capacités et de ré-ajuster certaines choses.

Cette 1ère mise en situation réelle, accompagnée du regard bienveillant du formateur, a très concrètement contribué à renforcer mon sentiment de confiance en moi et en ma capacité à bien exercer ce métier.

Je me sens nettement plus à l’aise, après cette co-animation, à l’idée d’animer seule une formation SST, car j’ai pu observer que je pouvais encadrer un groupe, parler devant un groupe, mener des ateliers/gestes techniques, gérer un support visuel tout en étant en interaction, répondre à des questions avec pertinence…

Quelles compétences clés avez-vous développées grâce à cet accompagnement terrain ?


La compétence que j’ai le plus développée grâce à cet accompagnement est l’autonomie.

Je pense que cette expérience m’a permis de gagner du temps car cela m’a permis de me lancer, de m’essayer dans un cadre sécurisant, un peu comme un oral blanc.

Une situation que nous avons déjà vécue au moins une fois, n’est plus une situation isolée mais devient déjà un début d’expérience – “j’ai pu expérimenter, ce n’est plus inconnu”.

Quand on est en formation de formateur, même si on est mis en situation, on reste apprenant. Dans une co-animation, on change de statut et l’on passe dans une posture de professionnel et c’est le premier pas.

Pour conclure, comment résumeriez-vous en quelques mots la valeur ajoutée de cet accompagnement ?


Il me semble que cet accompagnement post-formation pourrait être utile à toutes les personnes qui sortent de formation ainsi qu’aux personnes qui ont eu une interruption plus ou moins longue de leur activité de formateur.

Nous sommes sur un type de formation (sauveteur secouriste du travail) dont le contenu est particulièrement encadré et réglementé, je trouve intéressant de pouvoir avoir une sorte de supervision sur les 1ere interventions de sorte à intégrer un discours et des gestes le plus justes et précis possible.

Pour résumer, je dirai que l’accompagnement post-formation permet une meilleure appropriation à la fois du contenu ainsi que de la posture de formateur, dans un contexte d’encadrement bienveillant qui engage au premier pas.