Chutes de plain-pied au travail : comment prévenir un risque souvent sous-estimé ?

Publié le 27 août 2026

Un câble traverse une zone de passage, un sol vient d’être nettoyé, un salarié transporte une charge dans un espace mal éclairé. La chute peut survenir sans travail en hauteur et entraîner des conséquences sérieuses. L’INRS classe les chutes de plain-pied parmi les principales causes d’accidents du travail. Le numéro 883 de Travail & Sécurité, publié en juillet-août 2026, rappelle leur fréquence et leur gravité dans de nombreux secteurs.

La prévention des chutes de plain-pied consiste à agir simultanément sur les sols, les circulations, l’éclairage, les équipements, les chaussures et l’organisation du travail. Un rappel demandant simplement aux salariés de faire attention ne suffit pas.

Qu’est-ce qu’une chute de plain-pied ?

Une chute de plain-pied correspond à une perte d’équilibre pendant un déplacement sur une surface ne présentant pas de dénivelé important. Elle peut résulter d’une glissade, d’un trébuchement, d’un faux pas, d’un heurt ou d’une perte d’adhérence.

Une chute dans un escalier implique un dénivelé et relève plus précisément d’une chute de faible hauteur. Elle partage néanmoins plusieurs facteurs avec les chutes de plain-pied : éclairage insuffisant, précipitation, obstacle, absence de main courante ou mauvais état du revêtement.

Dans quelles situations les chutes surviennent-elles ?

Le risque concerne les bureaux, ateliers, entrepôts, commerces, établissements de santé, chantiers et espaces extérieurs. Il apparaît souvent pendant une tâche ordinaire plutôt qu’au cours d’une opération identifiée comme dangereuse.

  • sol mouillé, gras, irrégulier ou dégradé ;
  • câble, carton, outil ou déchet laissé dans une circulation ;
  • passage encombré ou séparation insuffisante des flux ;
  • éclairage faible, zone d’ombre ou éblouissement ;
  • transport d’un objet masquant la visibilité ;
  • chaussures inadaptées à la nature du sol ;
  • déplacement rapide sous contrainte de temps.

Pourquoi le manque d’attention n’explique-t-il pas l’accident ?

Attribuer une chute à la maladresse du salarié empêche souvent d’en comprendre les causes. Un déplacement rapide peut être lié à une urgence récurrente. Un câble au sol peut révéler une implantation inadaptée. Une flaque peut provenir d’un équipement mal entretenu ou d’une procédure de nettoyage incompatible avec l’activité.

La chute résulte généralement d’une combinaison de facteurs matériels, environnementaux, individuels et organisationnels. La sensibilisation reste utile, mais elle doit compléter les mesures techniques et organisationnelles, et non s’y substituer.

Comment analyser les causes matérielles et organisationnelles ?

L’analyse doit être conduite à partir des situations réelles de travail. Elle associe l’observation des déplacements, les échanges avec les salariés et l’étude des accidents ou presqu’accidents.

Facteur observé Question à poser Action possible
Sol glissant Quelle est l’origine ? Supprimer la fuite ou adapter le nettoyage
Passage encombré Le rangement prévu est-il accessible ? Repenser le stockage et les circulations
Déplacement précipité Pourquoi la tâche est-elle réalisée dans l’urgence ? Revoir les délais et la répartition du travail
Visibilité réduite L’éclairage et le transport des charges sont-ils adaptés ? Améliorer l’éclairage ou utiliser une aide à la manutention

Les entreprises peuvent mobiliser les formations en ergonomie ou un accompagnement en prévention des risques pour structurer cette analyse.

Quelles mesures intégrer au DUERP et au plan d’action ?

L’évaluation doit couvrir les circulations intérieures et extérieures, les escaliers, les phases de nettoyage, les situations exceptionnelles et les déplacements liés aux tâches. Les résultats sont transcrits dans le DUERP par unité de travail.

Le plan d’action peut prévoir la suppression des obstacles, la réfection des sols, la maintenance de l’éclairage, la séparation des flux, l’adaptation des chaussures, la planification du rangement et la réduction des situations d’urgence. Chaque mesure doit comporter un responsable, une échéance et un contrôle d’efficacité.

La formation à la prévention des chutes de plain-pied aide les équipes à repérer les facteurs de risque et à participer aux actions correctives. Cette démarche peut être reliée au management de la santé et de la sécurité et à la mise à jour du DUERP.

Ce que les employeurs demandent souvent sur les chutes de plain-pied

Les chutes de plain-pied concernent-elles seulement les métiers physiques ?

Non. Elles peuvent survenir dans un bureau, un commerce, un établissement de santé, un entrepôt ou un espace extérieur. Les déplacements ordinaires suffisent à créer une exposition.

La pose d’une affiche de sensibilisation suffit-elle ?

Non. Une affiche peut rappeler une consigne, mais elle ne supprime ni un sol dégradé, ni un défaut d’éclairage, ni une organisation qui oblige les salariés à se précipiter.

Faut-il inscrire les chutes de plain-pied dans le DUERP ?

Oui, dès lors que l’évaluation identifie des situations exposant les travailleurs. Le risque doit être analysé dans les unités de travail concernées et associé à des mesures de prévention adaptées.

Pour analyser les déplacements, sensibiliser les équipes et construire un plan d’action adapté à votre activité, vous pouvez demander un devis à SOFIS.