Comment intégrer les risques psychosociaux dans le DUERP ?

Publié le 8 octobre 2026

Salariée à son bureau, la main sur le front, entourée de dossiers

Pour intégrer les risques psychosociaux (RPS) dans le Document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP), l’employeur doit analyser les situations réelles de travail par unité de travail, identifier les facteurs d’exposition, apprécier leur importance puis définir des actions qui agissent prioritairement sur leurs causes organisationnelles plutôt que sur leurs seules conséquences.

 

Pourquoi les risques psychosociaux doivent-ils être évalués dans le DUERP ?

 

Les risques psychosociaux sont des risques professionnels à évaluer au même titre que les autres risques présents dans l’organisation. Le DUERP est le document dans lequel l’employeur formalise les résultats de son évaluation des risques professionnels et structure les actions de prévention associées.

Selon l’INRS, la prévention des RPS doit notamment prendre en compte les situations de stress, les violences internes et les violences externes ainsi que leurs facteurs organisationnels. L’objectif n’est donc pas de rechercher uniquement des salariés en difficulté, mais d’identifier les conditions de travail susceptibles de créer ou d’aggraver les risques.

L’évaluation permet ainsi de passer d’une approche individuelle à une démarche collective de prévention fondée sur le travail réel.

 

Quels facteurs de risques psychosociaux faut-il observer ?

 

L’évaluation des RPS doit examiner plusieurs dimensions de l’organisation du travail. L’INRS reprend six grandes familles de facteurs issues des travaux de référence sur les risques psychosociaux.

  • Analyser l’intensité et le temps de travail : charge, délais, interruptions, horaires ou complexité des tâches.
  • Observer les exigences émotionnelles : contact avec un public difficile, tensions ou nécessité de maîtriser ses émotions.
  • Évaluer l’autonomie : marges de manœuvre, possibilités de décision et utilisation des compétences.
  • Examiner les rapports sociaux : soutien, coopération, reconnaissance, conflits ou qualité du management.
  • Repérer les conflits de valeurs : impossibilité de réaliser un travail jugé de qualité ou contradictions éthiques.
  • Identifier l’insécurité : changements mal maîtrisés, incertitude sur l’emploi, les missions ou l’organisation.

Ces dimensions peuvent être approfondies dans une démarche structurée de formations RPS et QVCT.

 

Comment définir les unités de travail pour évaluer les RPS ?

 

Une unité de travail doit regrouper des salariés confrontés à des situations et à des facteurs d’exposition suffisamment proches pour permettre une analyse pertinente. Elle ne correspond donc pas nécessairement à un métier, un service ou un intitulé de poste.

Une entreprise peut par exemple distinguer une équipe en contact permanent avec le public, des fonctions administratives soumises à des délais courts ou des managers confrontés à une réorganisation importante. La question à poser est : quels salariés rencontrent des contraintes de travail comparables ?

  1. Cartographier les activités et les situations de travail.
  2. Regrouper les situations présentant des expositions comparables.
  3. Analyser les facteurs de RPS pour chaque unité.
  4. Recueillir les éléments issus du travail réel et du dialogue avec les équipes.
  5. Formaliser les résultats dans le DUERP et les relier à des actions.

Comment passer de l’évaluation des RPS aux actions de prévention ?

 

L’évaluation n’a d’utilité que si elle débouche sur des mesures capables de réduire les facteurs de risque à leur source. La prévention primaire vise précisément à modifier l’organisation ou les situations de travail qui génèrent l’exposition.

Facteur observé Situation à analyser Exemple de prévention primaire
Charge de travail Accumulation des tâches et délais incompatibles Revoir la répartition des activités et les priorités
Manque d’autonomie Faibles marges de décision Redonner des marges de manœuvre sur l’organisation des tâches
Rapports sociaux dégradés Manque de soutien ou règles de coopération floues Clarifier les responsabilités et organiser les espaces de régulation du travail
Changement organisationnel Modification des missions sans accompagnement suffisant Associer les équipes en amont et clarifier les nouvelles conditions de travail

La logique consiste donc à hiérarchiser les situations puis à désigner les actions, responsables et modalités de suivi. Une formation pour intégrer les RPS dans le DUERP peut aider les acteurs de la prévention à structurer cette démarche.

 

Comment SOFIS peut-il accompagner l’intégration des RPS au DUERP ?

 

SOFIS, organisme de formation et d’accompagnement en santé sécurité au travail, aide les organisations à relier l’évaluation des risques aux réalités du terrain. Selon la situation, la démarche peut s’appuyer sur un diagnostic des risques psychosociaux ou sur un accompagnement à la rédaction du Document Unique.

L’objectif est de disposer d’un DUERP réellement exploitable : unités de travail pertinentes, facteurs d’exposition identifiés, priorités explicites et actions de prévention reliées aux causes observées.

 

Ce que les employeurs demandent souvent sur les RPS dans le DUERP

 

Faut-il attendre qu’un problème de santé apparaisse pour évaluer les RPS ?

Non. L’évaluation des RPS relève d’une logique de prévention. Elle consiste à identifier les facteurs liés au travail susceptibles de créer une exposition, sans attendre l’apparition d’une situation individuelle dégradée ou d’un signal grave.

La charge de travail suffit-elle pour évaluer les risques psychosociaux ?

Non. La charge de travail constitue un facteur important, mais l’analyse doit également examiner l’autonomie, les exigences émotionnelles, les rapports sociaux, les conflits de valeurs et l’insécurité de la situation de travail.

Une action de sensibilisation suffit-elle après l’évaluation des RPS ?

Une sensibilisation peut compléter la démarche, mais elle ne remplace pas les actions sur les causes du risque. Lorsque l’évaluation révèle un problème d’organisation, de charge, d’autonomie ou de coopération, la prévention primaire consiste d’abord à agir sur ces déterminants.

Pour structurer l’évaluation des RPS, leur intégration dans le DUERP et le plan d’action associé, vous pouvez demander un devis à SOFIS.