Bruit au travail : comment l’intégrer dans le DUERP ?

Publié le 14 octobre 2026

Travailleur mettant un casque antibruit pour se protéger du bruit au travail

Pour intégrer le bruit au travail dans le Document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP), l’employeur doit identifier les sources sonores, évaluer l’exposition des salariés, analyser les risques pour leur santé et leur sécurité, puis définir des mesures de prévention adaptées. Cette démarche concerne aussi les environnements où le bruit provoque fatigue, stress ou difficultés de concentration.

Du 12 au 16 octobre 2026, la Semaine de la santé auditive au travail, organisée par l’Association Nationale de l’Audition, rappelle l’importance de la prévention des nuisances sonores dans tous les secteurs professionnels.

 

Pourquoi le bruit constitue-t-il un risque professionnel à évaluer ?

 

Le bruit professionnel est une exposition sonore liée à l’environnement ou à l’activité de travail, susceptible d’affecter la santé, la sécurité ou les conditions de travail.

Selon l’INRS, dans sa publication « Bruit. Ce qu’il faut retenir » (2022), une exposition excessive peut entraîner des atteintes auditives, parfois irréversibles. Mais les conséquences dépassent l’audition : fatigue cognitive, stress, difficultés de communication et risques d’accident.

Le risque ne concerne donc pas uniquement les ateliers industriels ou les chantiers. Les open spaces, restaurants, crèches, établissements de santé et plateformes logistiques peuvent également présenter des situations d’exposition préoccupantes.

Une démarche de prévention et management de la santé sécurité doit tenir compte de ces différents contextes.

 

Quelles obligations et quels seuils réglementaires s’appliquent au bruit ?

 

L’employeur doit évaluer l’exposition au bruit et mettre en œuvre les mesures de prévention prévues par le Code du travail. L’article R. 4431-2 définit trois niveaux de référence pour l’exposition quotidienne au bruit.

Exposition quotidienne Signification Actions de prévention
80 dB(A) Valeur d’exposition inférieure déclenchant l’action de prévention Information, formation et mise à disposition de protections auditives
85 dB(A) Valeur d’exposition supérieure déclenchant l’action de prévention Programme de réduction de l’exposition et port effectif des protections auditives
87 dB(A) Valeur limite d’exposition Limite à ne pas dépasser, en tenant compte de l’atténuation des protections individuelles

Ces valeurs correspondent à l’exposition quotidienne normalisée sur huit heures. Des valeurs réglementaires existent également pour les niveaux sonores de crête.

Attention : un environnement inférieur à 80 dB(A) peut néanmoins présenter des nuisances à évaluer, notamment lorsqu’elles perturbent la concentration ou les échanges professionnels.

 

Comment évaluer et intégrer le risque bruit dans le DUERP ?

 

L’intégration du bruit dans le DUERP repose sur cinq étapes opérationnelles, à adapter aux activités et aux unités de travail concernées.

  1. Identifier les sources sonores : machines, équipements, alarmes, conversations collectives, circulation ou activités simultanées.
  2. Définir les unités de travail exposées : regrouper les salariés rencontrant des situations d’exposition comparables, sans oublier les personnes travaillant à proximité.
  3. Évaluer l’exposition : examiner l’intensité, la durée, la fréquence et les conditions réelles de travail. Recourir à des mesurages adaptés lorsque nécessaire.
  4. Analyser et hiérarchiser les risques : considérer les dommages auditifs, mais également les effets sur la vigilance, la communication et la sécurité.
  5. Formaliser les résultats et planifier les actions : renseigner le DUERP, définir les priorités, les responsables et les modalités de suivi.

L’INRS, dans « Document unique d’évaluation des risques » (2024), recommande une évaluation fondée sur l’observation du travail réel, les échanges avec les salariés et l’analyse des situations d’exposition.

Pour traduire cette démarche dans un document exploitable, une formation au Document Unique permet de développer les compétences des acteurs de la prévention.

 

Quelles actions de prévention prévoir selon les situations de travail ?

 

Les mesures doivent d’abord chercher à supprimer ou réduire le bruit à la source, avant de privilégier les protections individuelles.

Situation Risque à examiner Action possible
Atelier industriel Machines et équipements bruyants Maintenance, encoffrement, réduction à la source
Open space Conversations et interruptions Traitement acoustique, espaces de concentration
Restaurant ou cuisine Équipements, vaisselle et ambiance sonore Organisation, choix d’équipements moins bruyants
Établissement de soins Alarmes et sollicitations sonores Analyse des alarmes, organisation et aménagement

Pour vérifier que les mesures restent adaptées, l’employeur doit organiser leur suivi et procéder à la mise à jour du DUERP selon les obligations applicables.

 

Comment SOFIS peut-il accompagner votre démarche de prévention ?

 

SOFIS, organisme de formation et d’accompagnement en santé sécurité au travail, aide les entreprises et organisations publiques à structurer leur évaluation des risques professionnels.

Son accompagnement à la rédaction du Document Unique permet de construire une démarche adaptée aux activités, d’identifier les situations dangereuses et de transformer les résultats de l’évaluation en actions concrètes.

La Semaine de la santé auditive au travail constitue une occasion de vérifier que les nuisances sonores sont correctement prises en compte, y compris dans les secteurs où les risques auditifs sont moins visibles.

Ce que les employeurs demandent souvent sur le risque bruit

Le bruit doit-il figurer dans le DUERP même en dessous de 80 dB(A) ?

Oui, lorsqu’il constitue un risque pour la santé ou la sécurité des salariés. Le seuil de 80 dB(A) déclenche certaines obligations spécifiques, mais il ne constitue pas un seuil général en dessous duquel toute nuisance sonore pourrait être ignorée.

Faut-il obligatoirement mesurer le bruit avec un sonomètre ?

Une mesure instrumentale n’est pas systématiquement nécessaire pour chaque situation. L’employeur doit cependant disposer d’une évaluation adaptée et fiable. Des mesurages deviennent nécessaires lorsque l’analyse ne permet pas de caractériser suffisamment l’exposition ou de vérifier les niveaux réglementaires.

Quand actualiser l’évaluation du risque bruit dans le DUERP ?

L’évaluation doit être réexaminée lorsque des changements affectent les conditions d’exposition ou lorsqu’une nouvelle information révèle un risque. Le DUERP doit également respecter les règles générales de mise à jour, notamment l’actualisation annuelle dans les entreprises d’au moins 11 salariés.

Vous souhaitez mieux intégrer le risque bruit à votre évaluation des risques professionnels ? SOFIS vous accompagne dans la structuration de votre démarche de prévention. Demander un devis.