Le risque routier professionnel doit être évalué dans le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) dès lors que les déplacements exposent les salariés à un danger. Cette évaluation concerne les missions effectuées sur la route, mais aussi les déplacements nécessaires à l’activité. Elle permet de définir des mesures concrètes de prévention.
Pourquoi intégrer le risque routier professionnel dans le DUERP ?
Le risque routier professionnel désigne les dangers auxquels sont exposés les travailleurs lorsqu’ils utilisent un véhicule dans le cadre de leur activité. Il concerne notamment les commerciaux, techniciens itinérants, livreurs, personnels de maintenance et salariés amenés à se déplacer entre plusieurs établissements.
Selon l’INRS, le risque routier en mission constitue un risque professionnel à part entière. Il doit donc être intégré à la démarche générale d’évaluation des risques.
Le DUERP doit notamment permettre d’identifier les situations dangereuses, d’apprécier les conditions d’exposition et de déterminer les mesures de prévention adaptées.
Il convient toutefois de distinguer deux situations :
- Les déplacements en mission : trajets réalisés pour les besoins de l’activité professionnelle, sous l’autorité de l’employeur.
- Les trajets domicile-travail : déplacements entre le domicile et le lieu habituel de travail, qui relèvent d’un régime distinct. Ils peuvent néanmoins faire l’objet d’actions de prévention.
Pour structurer cette démarche, les entreprises peuvent s’appuyer sur un accompagnement à la rédaction du document unique.
Quels facteurs de risque routier faut-il identifier ?
L’évaluation ne doit pas se limiter à l’état des véhicules ou au comportement des conducteurs. L’organisation du travail constitue également un facteur déterminant.
Les principales situations à examiner sont les suivantes :
- Les contraintes horaires : rendez-vous rapprochés, délais de livraison, déplacements urgents.
- La fatigue : amplitudes de travail importantes, trajets prolongés, manque de récupération.
- Les distractions : appels professionnels, notifications et utilisation des outils numériques.
- Les conditions de circulation : météo, travaux, circulation dense et itinéraires inhabituels.
- Les véhicules : entretien, pneumatiques, visibilité, chargement et équipements de sécurité.
- Les compétences : expérience de conduite, connaissance des véhicules et sensibilisation aux situations dangereuses.
Ces facteurs peuvent se cumuler. Un salarié soumis à une forte pression temporelle, utilisant un véhicule chargé sur un trajet inconnu, peut ainsi être exposé à plusieurs dangers simultanément.
Comment évaluer concrètement le risque routier dans le document unique ?
L’évaluation doit partir du travail réellement effectué. Une analyse limitée aux fiches de poste risque de négliger les contraintes rencontrées sur le terrain.
Une démarche opérationnelle peut suivre cinq étapes :
- Recenser les déplacements : identifier les salariés concernés, les véhicules utilisés et les types de trajets.
- Observer les situations de travail : examiner les contraintes horaires, les distances parcourues et les conditions de déplacement.
- Identifier les dangers : analyser les situations susceptibles de provoquer un accident.
- Évaluer les risques : apprécier notamment la gravité potentielle, l’exposition et les mesures existantes selon la méthode retenue par l’entreprise.
- Définir les actions : hiérarchiser les mesures et prévoir leur suivi.
L’objectif n’est pas de créer une rubrique administrative supplémentaire, mais de disposer d’une évaluation exploitable pour organiser la prévention.
Quelles mesures de prévention mettre en place ?
La prévention du risque routier repose sur plusieurs leviers complémentaires. L’INRS recommande notamment d’agir sur les déplacements, les véhicules, les communications et les compétences.
| Situation identifiée | Mesure de prévention | Responsable possible |
|---|---|---|
| Déplacements fréquents | Optimiser les tournées et privilégier les réunions à distance lorsque cela est pertinent. | Manager |
| Fatigue au volant | Adapter les plannings et prévoir des temps de récupération. | Responsable d’activité |
| Utilisation du téléphone | Définir une règle de non-utilisation pendant la conduite. | Direction et managers |
| Véhicules professionnels | Organiser les vérifications et l’entretien régulier. | Responsable de flotte |
| Manque de sensibilisation | Former les salariés aux risques associés à leurs déplacements. | RH et responsable prévention |
Ces mesures doivent être adaptées aux activités et aux moyens de l’entreprise. Elles peuvent être complétées par des actions de sensibilisation, notamment à travers une formation de sensibilisation au risque routier.
Comment transformer l’évaluation en plan d’action ?
Une fois les risques identifiés, l’employeur doit organiser leur prévention et assurer le suivi des actions retenues.
Pour chaque mesure, il est utile de préciser :
- Le risque auquel elle répond.
- L’action concrète à réaliser.
- La personne chargée de sa mise en œuvre.
- Le calendrier prévisionnel.
- Le moyen de vérifier son efficacité.
Par exemple, lorsqu’une équipe effectue régulièrement des déplacements urgents, l’action prioritaire peut consister à revoir les modalités de planification plutôt qu’à organiser uniquement une sensibilisation à la conduite.
La prévention routière s’inscrit ainsi dans une démarche plus large de prévention des risques liés à la conduite professionnelle.
Comment SOFIS accompagne-t-il la prévention du risque routier ?
L’intégration du risque routier dans le DUERP nécessite de relier l’évaluation des dangers aux conditions réelles de travail.
SOFIS accompagne les entreprises et les collectivités dans la structuration de leurs démarches de prévention et propose des formations adaptées aux risques professionnels.
Selon les besoins identifiés, l’accompagnement peut porter sur l’évaluation des risques, la définition des mesures de prévention ou la sensibilisation des équipes.
Vous souhaitez renforcer votre démarche de prévention routière ? Vous pouvez demander un devis personnalisé à SOFIS pour étudier les actions adaptées à votre organisation.
Questions fréquentes sur le risque routier professionnel et le DUERP
Le risque routier doit-il obligatoirement figurer dans le DUERP ?
Oui, lorsque les déplacements professionnels exposent les salariés à des risques routiers. L’employeur doit évaluer ces risques et les intégrer au document unique d’évaluation des risques professionnels.
Les trajets domicile-travail doivent-ils être évalués de la même manière ?
Non. Les trajets domicile-travail sont distincts des déplacements effectués en mission. Ils peuvent néanmoins être pris en compte dans des actions de prévention adaptées à l’organisation.
Une formation au risque routier suffit-elle pour assurer la prévention ?
Non. La formation constitue un levier complémentaire. Elle doit s’accompagner de mesures portant sur l’organisation des déplacements, les véhicules, les conditions de travail et le suivi des actions de prévention.
Sources
- https://www.inrs.fr/risques/routiers/ce-qu-il-faut-retenir.html – INRS, Risques routiers
- https://www.inrs.fr/demarche/evaluation-risques-professionnels/ce-qu-il-faut-retenir.html – INRS, Évaluation des risques professionnels